L'artiste
Janusz Migacz naît en 1956 à Gdansk en Pologne et y vit jusqu’en 1988. Ville ouvrière bien connue pour ses chantiers navals et surtout, comme berceau du Syndicat Solidarité. Ville d’effervescence politique et sociale à laquelle l’art n’a pas échappé, c’est dans ce cadre que Migacz travaille et étudie. Pays de paradoxes où la liberté et le communisme se sont côtoyés non sans heurt et dont l’œuvre de Migacz a hérité, dans une certaine mesure, des particularités. L’œuvre de cet artiste repose sur la confrontation et la cohabitation de la figuration et de l’abstraction. L’une et l’autre s’amorcent et se désamorcent à la fois. La figuration s’inscrit par le corps (souvent féminin) et dessiné d’une facture académique. Académique certes, mais aussi expressive et par ce fait, la déformation et l’amplification jouent un rôle important. Certaines contorsions ne sont pas sans rappeler Michelangelo ou encore Raphaël.
L’œuvre de Migacz tient à la fois de la maîtrise et de la tradition. Cet académisme du dessin se confronte au fond qui, lui, est peint à larges coups de brosse, laissant éclater une abstraction vigoureuse et tout aussi expressive que les corps. Le jumelage de ces deux tendances dans un même environnement donne au résultat, un aspect singulier et original. De plus, les fonds sont souvent l’arène d’une autre confrontation, de lumière cette fois-ci. L’artiste donne de l’effet par la dramatisation de la lumière où se confrontent lumière et obscurité. L’ensemble donne un œuvre où l’expressivité joue un rôle capital. Le mouvement s’inscrit par le geste. Finalement, cette symphonie de contrastes devient le théâtre des passions où l’humain est à la recherche de sa propre quête, de ses contradictions intimes.
La peinture de Migacz est avant tout intuitive. L’artiste ne cherche pas à intellectualiser ses sujets, ni à savoir ce qui le pousse à les peindre. Il n’en demeure pas moins que l’ensemble de son travail s’inscrit dans un cadre où l’artiste détient certaines clés dont lui seul connaît les significations réelles. Pour lui, peindre c’est d’abord se confronter à lui-même. Il ne cherche pas l’assentiment du public, bien que comme tout créateur, cet assentiment soit pour lui porteur d’énergie. La pulsion qui l’anime dans son travail se veut instantanée.
Arrivé à Montréal dans les années 80, déjà bien installé dans la communauté artistique d’ici, son style « européen » est certes un apport précieux sur les cimaises des grandes galeries québécoises et canadiennes. La Galerie Iris est fière de compter parmi ses artistes un être aussi profond dont le talent et le rayonnement est reconnu de tous.
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